L'écologie mise en lumière dans les salles obscures

image tirée de "Avatar : la voie de l'eau" de James Cameron (2022)

image tirée de "Avatar : la voie de l'eau" de James Cameron (2022)

Alors que les inquiétudes liées au climat et à l’écologie font de plus en plus la une des médias, comment ces questions sont-elles traitées au cinéma ?


affiche du film "Dont Look Up ©impawards.com

affiche du film "Dont Look Up ©impawards.com

Depuis la fin du XIXe siècle, le cinéma a inondé les salles obscures de récits variés, tantôt fantastiques, tantôt plus terre à terre. Les thématiques abordées peuvent refléter des angoisses ou des questionnements de société. Comme le dit Vincent Vatrican, directeur de l’Institut audiovisuel de Monaco, « le cinéma est le reflet de la société », donc aussi de ses préoccupations.

Au fil des années, une certaine « éco-anxiété » s’est installée dans nos sociétés. Incendies de forêts, réchauffement climatique ou encore fonte des glaces, nombreuses sont les catastrophes climatiques qui peuvent susciter une prise de conscience quant aux enjeux environnementaux. La thématique écologique devient centrale dans les médias. Le cinéma de fiction ne fait pas figure à part ; il met lui aussi en avant, et ce depuis de nombreuses années, les enjeux écologiques sur les grands écrans.

En omettant les documentaires, dont le format est davantage propice à traiter ce genre de sujet, certaines grosses productions traitant de l’écologie se sont fait connaître du grand public. C’est le cas, par exemple, de Godzilla (1954), dont les sous-textes montrent les dangers des armes nucléaires sur la nature, ou encore, plus récemment, « Don’t Look Up » (2021), qui utilise la chute d’une météorite comme une métaphore des changements climatiques. Ce dernier exemple a rencontré un grand succès auprès du public (film n°1 dans 94 pays dès sa première semaine sur la plateforme Netflix). Mais il est assez surprenant de constater que les films dits “mainstream” ayant l’écologie pour thème principal ne sont pas si nombreux qu'on pourrait le croire. La Rice University de Houston montre dans une étude réalisée en 2024 sur les 250 films les plus populaires de 2013 à 2022, que 12,8% traitent implicitement ou explicitement de l’environnement. En regard de l'importance de l'enjeu, cela peut sembler peu. Serait-ce un genre plus discret que d’autres ? Et pour quelles raisons ?


L'écologie racontée depuis les débuts du cinéma

le voyage à la lune de George Méliès ©la cinémathèque

le voyage à la lune de George Méliès ©la cinémathèque

Pour bien comprendre le traitement du thème de l’écologie dans le cinéma et pouvoir répondre aux précédents questionnements, revenons quelque temps en arrière. 


L’industrialisation néfaste de la révolution industrielle

Dès ses débuts, au 19ème siècle, le cinéma s’empare de thèmes liés à l’industrialisation et aux nouvelles inventions, qui sont souvent présentés comme néfastes pour l’environnement. C'est le cas pour le chemin de fer dans le film “The Iron Horse” (1924). Il est alors souvent question d’une dichotomie entre progrès et nature, de montrer la supériorité de l’Homme sur son milieu. L’espèce humaine y est vue comme celle qui va conquérir les terres et affronter les dangers de la nature, dont elle triomphera. L’environnement n’y est traité que comme une ressource infinie dont l’Homme veut s’accaparer.


affiche de The Iron Horse ©IMD

affiche de The Iron Horse ©IMD

scène de Godzilla (1954) ©Wikicommons

scène de Godzilla (1954) ©Wikicommons

affiche du film Them! (1954) ©IMDB

affiche du film Them! (1954) ©IMDB

Vertige nucléaire dans l’après-guerre

C’est après la Seconde Guerre mondiale et l’avènement de la menace nucléaire que l’on trouve davantage de films à thèmes écologiques. Les films vont mettre en scène des scénarios dotés d’une pseudo crédibilité scientifique, mélangés aux nouveaux effets spéciaux. L’exemple le plus célèbre reste “Godzilla” (1954), film japonais mettant en scène une créature gigantesque réveillée suite à des tests nucléaires. Le motif traduit le traumatisme d’un Japon frappé par des bombardements atomiques et leurs ravages sur l’environnement.

Durant la Guerre Froide, plusieurs films continuent à traduire une peur et une dénonciation du nucléaire. “Them!” (1954) de Gordon Douglas met en scène des fourmis devenues géantes à cause de l’énergie nucléaire. En clair, entre les années 1950 et 70, il est question de montrer les dangers du nucléaire, que ce soit par le prisme de monstres géants ou d’apocalypses géantes. 

La science-fiction va permettre de présenter des scénarios dont les situations de départ sont souvent plausibles dans un futur proche. Les cinéma post-apocalyptique et dystopique, sous-genres de la science-fiction, s’emparent donc aussi volontiers des thématiques climatiques. Leurs intrigues mettent en avant les conséquences d’une catastrophe climatique/nucléaire et entendent sensibiliser aux dangers de tels événements. Par exemple, on peut citer “Mad Max” (1979), où les ressources de la Terre se sont épuisées, causant la guerre, la famine et le chaos. 



Années 1980 : menace sur la forêt amazonienne


Les années 80 vont amener un nouveau changement de mentalité avec une prise de conscience des méfaits de la déforestation, en particulier dans la forêt amazonienne. Dans “La forêt d'émeraude”(1985), par exemple, il est question de montrer les dangers écologiques qu’implique la construction d’un barrage en Amazonie. Autre exemple, dans le film d’animation “Les Aventures de Zak et Crysta dans la forêt tropicale de FernGully” (1992), la déforestation et la pollution sont des thèmes principaux. La forêt de FernGully est voulue par ses créateurs comme une référence directe à la forêt amazonienne, que des fées tentent de protéger des dangers du monde extérieur et de la destruction industrielle. Les humains remplacent les créatures dévastatrices dans le rôle d’ennemis de la nature.

En traitant plus particulièrement du sujet de la forêt amazonienne, le cinéma écologique se détache de la pure science-fiction, afin de traiter de sujets d’actualité et leurs effets néfastes de l’Homme. Cette mise en avant d’un cinéma plus terre à terre traduit une volonté de reconnecter le public à l’expérience sensible de la nature, qui se retrouve parfois oubliée au profit d’une vision plus abstraite de l’écologie.


affiche du film la forêt d'émeraude ©pinterest

affiche du film la forêt d'émeraude ©pinterest

affiche du film Ferngully the last rainforest ©pinterest

affiche du film Ferngully the last rainforest ©pinterest

affiche promotionnelle de the day after tomorrow ©The Movie Database

affiche promotionnelle de the day after tomorrow ©The Movie Database

affiche promotionnelle ©Alpha Coders

affiche promotionnelle ©Alpha Coders

1990-2000 : Effets spéciaux et catastrophes climatiques


Les années 90 et 2000 vont, quant à elles, prendre les menaces écologiques pour acquises et montrer ce qu’elles peuvent causer. C’est l'avènement du cinéma catastrophe, popularisé en grande partie par Roland Emmerich. Hollywood mise alors sur du grand spectacle grâce aux effets spéciaux qui permettent de montrer les conséquences des catastrophes climatiques. Les préoccupations changent également : là où les années 80 se concentraient plus sur la déforestation, les années 90 exploitent un nouveau genre de menaces, comme le réchauffement climatique, qui permet de montrer au travers d’effets spéciaux tout un tas de scénarios catastrophes. “Le Jour d’après” (2002) de Roland Emmerich et “Waterworld” (1995) de Kevin Reynolds en sont des exemples marquants. Dans le premier, l’effet de serre provoque un refroidissement planétaire, tandis que dans le deuxième, la fonte des glaces inonde la Terre.

À travers la fiction, les scénaristes tentent de toucher le public et de le sensibiliser au maximum aux menaces climatiques afin de, peut-être, le pousser à l’action pour éviter les funestes avenirs qu’ils écrivent. 


2000 : Métaphores écologiques et visuels poignants

Les années 2000 ont amené un réel tournant dans la façon dont les thèmes liés à l’écologie sont traités. Il n’est plus question de montrer frontalement les dangers écologiques, mais de les montrer par des métaphores à l’aide d’images spectaculaires, qui vont captiver l’audience, le tout en restant ouvert à l’exagération typique du cinéma catastrophe et dystopique. 

Wall-E”(2008) , produit par Disney, utilise les deux techniques pour montrer les dangers d’une surconsommation transformant la terre en dépotoir. Mais le film le plus marquant et illustratif de cette période est “Avatar” (2009), de James Cameron, utilisant une panoplie de thèmes écologiques, tels que la déforestation, le respect des terres indigènes ou même la pollution causée par l’Homme, en les racontant par le biais d’une histoire aussi riche que son univers fictif et par des prouesses visuelles et techniques à couper le souffle.

affiche promotionelle de Wall-E ©suggestingmovies.com

affiche promotionelle de Wall-E ©suggestingmovies.com

affiche promotionnelle de Flow ©worksheetshq.com

affiche promotionnelle de Flow ©worksheetshq.com

L'essoufflement des années 2020 ? 

Ce que le parcours de l’écologie au cinéma montre, c’est que les films traitant de ce sujet ont toujours existé, mais ne représentent qu’une petite partie des films créés depuis l’invention du cinéma. 

Avec la montée en puissance des inquiétudes quant au réchauffement climatique, on pourrait s'attendre à voir plus de films à l'affiche abordant ces sujets. Ou alors, faut-il craindre un essoufflement des thématiques climatiques à l'écran, à l’image de l'essoufflement de la mobilisation pour le climat ?  « Je ne suis pas certain que le cinéma parle moins du climat qu’auparavant. C’est juste qu’il n’en a jamais beaucoup parlé [mais] il y a quand même des films qui l’abordent plus frontalement » explique Daniel Bonvoisin, expert en Éducation aux médias chez Média Animation et auteur d'articles sur le sujets.  Bien que ce ne soit pas le thème le plus mis en avant, il a tout de même été traité de manière variée, parfois plus discrète, voire détournée. 

L’étude de l’Observatoire des Imaginaires et du collectif Les Toiles Vertes, réalisée sur 32 films issus de la sélection officielle du 77ème festival de Cannes (2024), met justement cela en avant. Selon l’étude, les thématiques écologiques commencent à se faire un place dans le cinéma, bien qu’elle soit périphérique. Parmi cette sélection, 34% des films abordent de manière explicite ou implicite les enjeux liés à l’écologie, et 9% d’entre eux en font leur sujet central. Ce qui n’est pas rien. Ceci pourrait nous laisser penser que l’écologie est une thématique qui, loin de s’essouffler, revient au cinéma, reflétant les enjeux climatiques actuels et l’éco-anxiété ambiante. D’un autre côté, leur étude sur la cérémonie des Césars 2025 met en avant le fait que les enjeux environnementaux sont les grands absents de la liste des nommés. Seuls deux films font mention directe de la nature et de sa destruction :”Flow” (2024) et “Sauvages” (2024). Dans la continuité de ce constat, le média Imagine5 pointe du doigt le fait que, cette année, l’animation semble rencontrer plus de succès quand il est question de traiter de l’écologie. Ces deux études montrent qu’aujourd’hui le thème écologique n’est pas absent du cinéma mais sa présence dépend de choix de production, liés aux attentes perçues du public, au temps et à l'argent.

Le public entre exigences et préférences

unsplash ©Gordon Cowie

unsplash ©Gordon Cowie

Quand on pense au cinéma, on pense à toutes ces productions à grande échelle, qui éblouissent et procurent des émotions fortes aux spectateurs. Cela correspond-t-il aux attentes du public ?

Oui, selon le Centre National du Cinéma et de l’Image Animée (CNC) qui a dévoilé une étude réalisée en 2024 sur un public de jeunes afin de mieux comprendre leur rapport au cinéma. Selon cette étude, 85% des jeunes déclarent qu’ils fréquentent toujours les salles obscures, mais ce principalement pour accéder à la culture cinématographique américaine. Les jeunes attendent « une promesse de divertissement, de bon moment à plusieurs, de plaisir festif, qui influe aussi sur les choix de films ». Ils veulent voir des films avec des histoires prenantes, de la romance, de l’action… où l’Humain est le centre névralgique. Dans leur propos, la volonté de voir des films traitant de l’écologie ne revient pas. Par contre, ils disent vouloir voir des films à grand budget.

Comme en témoignent les catalogues des cinémas et les films qui sont à l’affiche, le public exige majoritairement du grand budget. Parmi les 25 premiers films classés au Box-Office belge en 2024, 16 sont des grosses productions des blockbusters américains à grands budgets, soit 64% des films. Et, trois d’entre eux traitent de manière explicite de thématiques écologiques. Tiens, ce n'est pas si mal !

Les spectateurs demandent donc des productions aux visuels riches, nécessitant de grands moyens. Et les sujets écologiques peuvent s'y prêter.

En plus de s’attendre à être émerveillée par la qualité des scènes, une grande majorité du public veut pouvoir ressentir quelque chose en allant au cinéma. La aussi, le récit sur l’écologie, peut potentiellement les toucher et les émouvoir.

Le défi, pour les cinéastes, est sans doute de traiter ces sujets sans faire la morale à leur public. Et sans accroître ses angoisses. Comment construire un récit qui attire le public et le pousse à prendre conscience de la réalité, sans le culpabiliser ou désespérer ? Ce défi rend la tâche compliquée et réduit le champ d’action et la variabilité de récits possibles.

Penser le temps du récit écologique

unsplash ©Nathan Dumlao

unsplash ©Nathan Dumlao

Raccourcir le temps


Les craintes liées à l’écologie et les problèmes environnementaux sont difficiles à représenter visuellement car ils sont parfois “invisibles”, parfois lents ou parfois de trop grande ampleur pour être représentés visuellement. 

Cela complique la tâche des scénaristes qui doivent narrer une histoire avec la durée limitée, souvent 1h30 à 2h pour les films traditionnels. C'est la raison pour laquelle le réchauffement climatique est qualifié de « très mauvais sujet cinématographique »  par Daniel Bonvoisin. “Si on parle du changement climatique, c’est lent. Or, un film doit quand même tenir dans une unité de temps fictionnelle qui permet l’action”. Ce n’est donc pas un sujet qui est facilement filmable et qui permettrait à un héros ou un protagoniste d’intervenir sans en détourner le thème original. 

Quand un tel sujet est abordé au cinéma, il pourra l’être par l’extrême, avec des scénarios (éco-)apocalyptiques ou dystopiques, brutaux, remplis d’actions et de tensions (Le Jour d’Après, Soleil Vert, …). Le récit écologique y sera exprimé en exagérant des problèmes actuels, comme la fonte des glaces, l’effet de serre, …

Il pourra aussi raconter un événement réel long grâce à la métaphore et le “transformer” comme un événement brusque, plus propice à des images fortes et permettant de respecter les contraintes temporelles du cinéma (Don’t Look Up, Annihilation, …). Par cette ruse-là, le récit s’en retrouve plus attrayant pour le public, mais le message écologique sous-entendu par la métaphore risque d’être invisibilisé ou mal compris par une partie du public.


affiche de Soleil Vert ©senscritique.com

affiche de Soleil Vert ©senscritique.com

affiche promotionnelle de woman at war ©sencritique.com

affiche promotionnelle de woman at war ©sencritique.com

Laisser le temps


Une autre option pour traiter de l’environnement sera de laisser au récit le temps de montrer les événements réels.  C’est le cas dans des films d’auteurs, plus riches, mais moins populaires (Night Moves, La Tortue rouge, ...). En se détachant des contraintes imposées par les studios de production, ils vont davantage se concentrer dans la volonté de présenter les événements tels quels, sans les raccourcir ou sans les extrapoler. Dans “Woman at War” (2018), Benedikt Erlingsson raconte l’histoire de Halla, une militante écologique islandaise qui, a son échelle, va se battre contre l’industrie d'aluminium qui détruit progressivement la terre locale. L’histoire prend le temps de s’installer et n’a pas la prétention de généraliser un phénomène en le rendant global et exagéré. Cependant, l’analyse de 2006 du CNC sur les perceptions du public des cinémas Art et Essai exprime justement que les films de la sorte fonctionnent moins bien du point de vue commercial. Ils sont jugés moins accessibles au grand public et moins commercialisables. 


L'économie du cinéma :
un frein pour l'écologie ?

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unsplash ©Alexander Grey

unsplash ©Alexander Grey

Pour qu’un film puisse exister, il faut qu’il soit financé, et donc que les producteurs aient foi en sa rentabilité. C’est la condition principale inhérente à toutes les productions, que ce soit un blockbuster ou un film d’auteur. La dimension économique entre évidemment en jeu dans le processus de création d’un récit écologique, et définit si le récit verra le jour sur grand écran.

Afin de créer un récit qui sera rentable pour les boîtes de production, on parlera de soutenabilité économique. Le film va donc générer des revenus récurrents qui vont représenter une somme supérieure au coût de production, et qui pourra permettre un investissement possible dans d’autres projets. Cela se différencie de la soutenabilité culturelle, qui se traduit par la capacité des producteurs à produire des films qui seront reconnus culturellement mais qui généreront des revenus plus modestes. 

Les freins principaux à cette soutenabilité économique (qui font que les œuvres dont les thématiques sont destinées à un public de niche, ont du mal à émerger) sont multiples. On retrouve par exemple l’accès au financement qui est, à moins de pouvoir autofinancer son projet, essentiel. Les chiffres traduisent bien ces difficultés. Sur les 9511 films produits à l’international en 2023, seulement 150 à 300 films (soit 1,5 à 3%) ont réellement « fonctionné » au box-office, ce qui signifie qu’ils ont généré à peu près deux fois leur budget de production. Le marché du cinéma est extrêmement concentré et seule une poignée de films captent l’essentiel des recettes mondiales, comme le rapportent les rapports du British Film Institute ou de l’European Audiovisual Observatory (EAO).

En bref, le marché du cinéma est un marché très rude et qui nécessite de réfléchir en amont à la rentabilité des productions. Or, les sujets liés à l’écologie sont des sujets qui peuvent rebuter une partie du public et donc refroidir les investisseurs. Ce sont des sujets moins « mainstreams », parfois perçus comme des sujets  “de niche”, culpabilisants ou moralisateurs. La politique peut d’ailleurs entrer en jeu dans ces difficultés économiques et représenter, selon les valeurs propres aux pays de diffusion, un frein dans la création et la programmation des films à thème écologiques (censure et auto-censure). Bien que ce soient des sujets d’actualité en raison des événements qui bouleversent le monde et que la volonté de sensibiliser le public grâce aux films soit louable, l’économie du cinéma représente un frein considérable dans la création de récits axés sur les changements écologiques. Cela n’empêche cependant pas à quelques “pépites” cinématographiques de sortir du lot et de mettre en avant les préoccupations écologiques contemporaines.


Le cinéma est-il éco-conscient ?

unsplash ©vladimir astafev

unsplash ©vladimir astafev

Nous avons vu, au fil de cet article, que le cinéma ne n'est jamais désintéressé de l'écologie. Le sujet est cependant plus discret que d’autres thèmes pour diverses raisons. D'abord, l’écologie n’est pas facile à filmer et peu adaptée aux contraintes techniques liées au cinéma. La lassitude du public face à la thématique ou son éco-anxiété peut rebuter certains cinéastes. L'appétence du public pour le grand spectacle viennent aussi contraindre le traitement du sujet sous l’angle "récit-catastrophe", voire de la science-fiction. Enfin, les conditions rudes du marché du cinéma représentent un réel frein dans la conception de films centrés sur l’écologie.

Pour clore cette réflexion, ajoutons que traiter d'écologie implique aussi une certaines cohérence dans la production. Il ne serait pas de bon ton pour un cinéaste de mettre en scène un récit sur le changement climatique, sans se préoccuper de la pollution générée par son film. Selon une étude d’Ecoprod, le secteur audiovisuel et cinématographique rejette 1,7 million de tonnes de CO2 par an rien qu’en France. À l’image de Greenshot et Wallimage, Ecoprod tente de mettre en place des mesures à respecter lors de la production pour diminuer la pollution engendrée par le cinéma. Il existe une réelle volonté d’avoir un cinéma plus vert, et cette volonté doit entrer en connivence avec des récits écologiques, pour éviter que les productions ne fassent ce qu’elles dénoncent.